Tellement heureuse d’être de retour par ici pour vous raconter plus en détails cette merveilleuse expédition polaire en Antarctique et avec plus de photos ! Pour ceux qui avaient suivis ma première expédition polaire en Arctique, vous devez déjà savoir à quel point ce voyage m’a chamboulé, j’en suis rentrée avec sûrement les plus beaux souvenirs de ma vie et j’ai mis plusieurs jours à m’en remettre, je n’arrêtais pas de pleurer. Déjà bien avant ce premier voyage hors du temps, j’avais comme rêve de petite fille d’un jour partir découvrir l’Antarctique, et cette expédition polaire en Arctique n’a fait que confirmer ce rêve. Et je m’étais promis d’y aller avec la compagnie française Exploris un jour, après avoir économisé assez pour me payer ce voyage unique au bout du monde. Imaginez le bonheur qui m’a submergé lorsque 6 mois plus tard, Exploris m’a contacté de nouveau en me proposant d’embarquer pour 12 jours à la découverte de l’Antarctique avec eux !
Où se trouve l’Antarctique ? Quelles sont les formalités d’entrée sur le territoire ?
L’Antarctique fait parti des 7 continents qui existent (Afrique, Asie, Europe, Amérique du Sud, Amérique du Nord, Antarctique, Océanie), et se trouve au pôle sud de la Terre, bordé par les océans Pacifique, Atlantique, Indien et Austral. Il n’appartient à personne, mais une douzaine d’états possèdent des bases scientifiques sur place ; la France, l’Argentine, l’Australie, le Chili, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni.. Aussi surnommé le continent blanc, il est composé à 98% de glace allant jusqu’à 5 kilomètres d’épaisseur par endroit et fait la taille d’une fois et demi l’Europe !
Pour accéder à l’Antarctique, la route la plus traditionnelle part de la ville la plus au sud du monde qui est en Argentine : Ushuaia. D’ici, il faut embarquer sur un bateau et traverser le célèbre passage de Drake pendant 2 à 4 jours, qui est la « porte d’entrée » vers le continent blanc. En ce qui concerne les formalités d’entrée sur le territoire, un passeport en cours de validité suffit pour atteindre l’Argentine puis se rendre en Antarctique.
Quand faire une croisière polaire en Antarctique ?
Pour envisager une croisière polaire en Antarctique, il faut que ce soit l’été là-bas, soit de novembre à mars. Ensuite, l’automne et l’hiver arrivent, les températures très négatives font leur retour (un thermomètre a déjà enregistré -98°C) et la banquise se créée de nouveau, formant au total une surface de 18 millions de km2 pour le continent blanc et rendant son accès et les conditions de vie difficiles sur place. C’est l’endroit où il fait le plus froid au monde !
LE BATEAU EXPLORIS ONE
Vous avez été nombreux à me demander quel circuit j’avais réalisé, c’est donc « À la découverte du Continent Blanc », de 12 jours et 10 nuits. J’ai donc embarqué à bord de l’Exploris One haut de 5 ponts pour les passagers pour 108 mètres de long. Comparé à d’autres compagnies notamment Ponant, ce navire est à taille humaine et permet d’accueillir 120 passagers en zone polaire. Ce qui est beaucoup plus appréciable, car les lois sont strictes en Antarctique : seulement une centaine de personne peuvent débarquer sur le territoire en même temps. Si l’on passe 3 heures à un certain endroit, l’ensemble des passagers peuvent descendre et profiter du maximum de temps à terre. Contrairement à d’autres compagnies qui doivent diviser le nombre de passagers en deux et les faire sortir chacun pendant 1h30. Ça change complètement l’immersion sur place ! A bord, il y a un restaurant, une salle de sport, un bar, une salle de conférence, une bibliothèque panoramique, et différentes cabines plus ou moins spacieuses en fonction des budgets. Il y a aussi deux jacuzzis sur le pont, ainsi qu’un sauna et un hammam. C’est un petit plus, mais que personnellement je ne trouve pas forcément nécessaire étant plutôt venue pour l’exploration des terres et l’observation des animaux. En plus les journées sont bien remplies entre les débarquements et les conférences ! Aussi, la compagnie est 100% française. Le commandant, les scientifiques, les invités d’honneur et tout le personnel à bord parlent français ce qui rend l’expédition et les nombreuses informations que l’on apprend sur place plus fluides et naturelles. On peut parler de tout avec eux, on est sûr de bien comprendre ! Dernières petites infos, il y a le wifi à bord, et des menus végétariens, sans gluten et végans sont proposés !
Quelles sont les choses à emporter pour une croisière polaire en Antarctique ?
Un peu compliqué de savoir quoi emporter pour une expédition polaire sur le continent où il fait le plus froid au monde, même si c’est l’été là-bas ! Une liste est envoyée par la compagnie Exploris en amont du voyage, mais voilà ce que je vous recommande de mettre dans votre valise à mon tour : des sous vêtements techniques, des chaussettes de ski, un pantalon de ski étanche, un bonnet, des gants fin et des gants bien chauds, un tour de cou.. Ce que vous prendriez pour une semaine au ski finalement ! Pas besoin de s’encombrer d’une grosse veste (du moins à l’aller), une parka coupe vent vous est prêtée et une petite doudoune vous ai offerte à bord. Des bottes vous seront aussi attribuées pour le séjour pour les débarquements. Pensez aussi à prendre des affaires « normales » pour les moments à bord, une jolie tenue pour la soirée du commandant, des affaires de sport si vous comptez aller à la salle, un maillot de bain pour les jacuzzis ! Si vous avez des jumelles, n’oubliez pas de les prendre également pour observer les animaux depuis le bateau !
Combien coûte une exploration polaire en Antarctique avec Exploris ?
Le prix de « base » pour une expédition polaire en Antarctique est chère, comme vous pouvez vous en douter, et à partir d’environ 9500€ par personne pour une chambre de première catégorie. À cela il faut rajouter le prix des billets d’avion pour le voyage jusqu’à Ushuaia. Mais une fois cette somme déboursée, tout est compris sur le bateau ; tous les repas, tous les encas, toutes les sorties, les gouters, les conférences, les documentaires, l’accès à la salle de sport etc.
Quelle assurance voyage choisir ? Comment avoir internet à l’étranger ?
Avoir une assurance en voyage est primordiale. Que ce soit pour l’assurance dans les transports, les objets de valeur, les accidents, les bagages, la santé, le retard, les rapatriements, intoxication alimentaire.. Il faut être assuré. Les frais médicaux à l’étranger peuvent s’élever à des centaines voir des dizaines de milliers d’euros, un voyage peut vite basculer du rêve en cauchemar, et j’ai plusieurs témoignages de proches assurés ou non qui peuvent en témoigner. Je vous conseille l’assurance voyage Heymondo pour cela, c’est celle que j’ai prit pour mon voyage en Amérique du Sud pendant 5 mois. L’avantage est qu’elle fait partie des moins chères, et comprend une assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec une couverture incluse pour les activités et sports outdoor ! D’ailleurs en passant via ce lien, vous bénéficierez de -5% supplémentaires, il n’y a pas de petites économies !
Et si vous voulez acheter une carte sim pour avoir internet illimités lors de votre séjour en Norvège, je vous conseille de la prendre sur Holafly ! Leur connexion passent de partout, c’est déjà sur ce site que j’avais pris ma carte sim pour l’Égypte et j’ai capté jusqu’auu coeur du désert blanc ! Donc j’en ai reprise une avec mon propre code promo : LEADORABLEE qui vous offre -5% sur toutes leurs eSim !
JOUR 1 – Journée à Buenos Aires
Arrivés dans la nuit à Buenos Aires après un long vol de 14 heures avec Air France, je me réveille ce matin au 11ème étage de l’hôtel Emperador Buenos Aires. Le temps d’une douche et d’un petit déjeuner copieux, et nous voilà partis découvrir certains quartiers emblématiques de la ville grâce à une visite guidée en français qu’il était possible de réserver en amont via Exploris. On découvre alors la place de Mai, les marchés locaux de San Telmo, et la célèbre rue colorée de Caminito qui est « l’emblème touristique » de la capitale argentine. Elle n’est longue que de quelques mètres donc se fait rapidement, mais c’est vrai qu’elle est très jolie et dégage plein de bonnes ondes avec ces couleurs ! Aussi, sur les recommandations de notre guide argentin, il faut absolument goûter les Alfajor qui sont de petits biscuits fourrés au dulce de leche (l’équivalent de la confiture de lait) qui est une spécialité typique argentine. Et olala, c’est une révélation ! Une boutique près de la rue Caminito en proposait en dégustation et dès la première bouchée ça a été le crush ! Je ne sais pas ce que valent les autres car tous les autres magasins en vendaient, mais les classiques de la marque « La Familia » étaient à tomber ! Il faut absolument que vous les goutiez si vous passez par là-bas !
JOUR 2 – Vol jusqu’à Ushuaia et embarquement à bord de l’Exploris One
Le réveil sonne très tôt ce matin, le départ de l’hôtel pour le transfert en bus à l’aéroport est prévu à 4 heures. On embarque sur un vol interne de la compagnie Aerolineas Argentinas à destination d’Ushuaia. Et les dernières minutes de vol avant d’arriver au bout du monde sont exceptionnelles ; on survole la chaîne de montagne de la Cordillère des Andes, avec ses nombreux sommets et ses lacs. C’est magnifique ! C’est aussi le moment où on a le plus de turbulences, on tombe sur de vrais trous d’air. Pendant près de 20 secondes, on dirait que l’avion tombe avant de se rattraper, puis retombe de nouveau, se rattrape encore.. C’est les mêmes sensations que la tour de la terreur à Disney ! Rien à voir avec les turbulences « normales » qui secouent un peu pendant les vols habituellement.
Un bus nous attend devant l’aéroport de Ushuaia, et nous emmène déjeuner dans un hôtel-restaurant dans les hauteurs de la ville, au Arakur Ushuaia Resort & Spa. Le lieu surplombe la Terre de Feu et le buffet est délicieux ! S’en suit une petite marche digestive dans la forêt en groupe, avant de remonter dans le bus et d’enfin rejoindre le bateau Exploris One dans le port.. Je l’aperçois au loin depuis mon siège et les émotions remontent : j’ai l’impression de rentrer à la maison ! J’avais tellement versé de larmes en lui disant au revoir au Svalbard six mois plus tôt, je n’aurais jamais pensé remonter à bord aussi vite. Il faut le vivre pour le comprendre, je retourne à l’endroit où j’ai vécu l’une des plus belles expériences de ma vie.
Avant même de monter sur le bateau, l’équipe d’expédition nous accueille au pied de la passerelle et je reconnais Rodrigo qui était déjà présent sur notre expédition polaire au Svalbard. C’est le biologiste de l’équipe, passionné par les animaux qui a toujours des histoires drôles à raconter ! Une fois à bord on retrouve aussi Marc et Fiona qui sont les responsables clientèles. Je tombe aussi sur Léo dans les couloirs qui lui était notre chef d’expédition en Arctique.. C’est comme rentrer à la maison je vous dis ! Passer devant mon ancienne chambre me serre un peu le coeur mais c’est pour mieux : je découvre la nouvelle qui à une porte-fenêtre coulissante, je vais pouvoir mettre le nez dehors dès que ça me chante cette fois-ci et c’est un bonheur non négligeable moi qui passait ma vie sur le pont et à la bibliothèque la dernière fois !
Ça y est, on est au complet, le bateau Exploris One prend le large.. Direction le Sud ! Petit à petit la terre s’éloigne, et le Cap Horn est le dernier sommet que l’on aperçoit au loin, avec en prime un immense arc-en-ciel juste au dessus. À dans 10 jours l’Amérique du Sud !
JOUR 3 et 4 – Passage de Drake
Les jours 3 et 4 se ressemblent à bord de l’Exploris One, il faut être patient avant d’atteindre le continent blanc et surtout, il se mérite ! Car si vous n’êtes pas au courant, il faut traverser le célèbre passage de Drake, qui est le détroit le plus redouté et dangereux du monde. C’est lui qui sépare l’Antarctique de l’Amérique du Sud, et c’est ici que 3 océans se rencontrent : l’océan Pacifique, l’océan Atlantique et l’océan Austral sur une étendue de 800 kilomètres. En fonction des conditions météorologiques, il peut y avoir jusqu’à 15 mètres de creux, soit des vagues de près de 15 mètres de haut ! La traversée dure généralement 2 à 3 jours, tout dépend de l’état de la mer ! On a soit le droit à un Drake Lake avec une mer calme et peu de creux, soit à un Drake Shake avec une mer agitée et des vagues avec beaucoup de creux ! Pour notre part et il paraît que c’est assez exceptionnel, on profite d’un passage de Drake très calme, et même sous le soleil ! Les creux ne sont pas plus gros que 3 mètres, et je peux vous dire que ça secoue bien quand même ! Il est impossible d’arriver à marcher droit dans les couloirs, les objets posés sur ma table de nuit glissent par terre et il arrive régulièrement que je me prenne le coin des murs ou de ma salle de bain. Les équipes ont placé des sacs en papier aux 4 coins du bateau, et certains disparaissent de temps en temps donc j’imagine que certains sont malades pendant le voyage ! L’infirmerie propose des Mer Calm en libre service si vous êtes sujet au mal de mer, et Marc nous a conseillé des patchs spéciaux (à acheter en amont du voyage) à coller derrière les oreilles et un remède qui aide beaucoup : les tisanes miel-citron-gingembre. J’ai passé 2 jours à boire ça et je n’ai eu le mal de mer à aucun moment ! J’ai même passé des nuits exceptionnelles grâce au bercement des vagues, j’ai trouvé ça tellement agréable ! Après je ne suis pas du tout sujette au mal de mer.
Pendant ces deux jours de navigation, pas le temps de s’ennuyer ! La chef d’expédition se présente ainsi que son équipe. C’est Florence Kyuper qui prend les rennes de cette expédition de 12 jours en Antarctique ! Léo Décaux avait été incroyable au Svalbard, et Florence a l’air de l’être tout autant ! Lui fera parti des naturalistes et interviendra lors des conférences du séjour notamment sur le Svalbard et les glaciers, comme il est glaciologue. Ces dernières commencent d’ailleurs dès maintenant, puisqu’on en a 3 ou 4 par jour pour commencer à connaître l’Antarctique et en savoir un peu plus sur l’aventure qui nous attend. L’une des premières choses que l’on apprend sur le continent blanc, c’est qu’il n’y a aucun pingouins, ce sont des manchots ! Et si on est chanceux, on devrait aussi croiser le chemin de baleines, phoques, orques.. En plus de toute la glace qui nous entourera au quotidien. On apprend aussi que le continent blanc a été vu pour la première fois qu’en 1819, il y a tout juste 200 ans !
Entre les conférences et les repas on se retrouve souvent tous dans le grand salon, et lors de l’après-midi du deuxième jour en mer, alors qu’on discute avec le biologiste Rodrigo, une immense baleine bleue sort juste à côté de nous ! On crie dans toute la pièce avant de courir sur le pont arrière pour tenter de l’apercevoir de nouveau ! Et seulement quelques minutes plus tard, après avoir tous repris nos places et notre calme au salon, une baleine à bosse ! Puis une deuxième ! Et encore quelques minutes plus tard une baleine boréale ! On était clairement en train de discuter avec le bon naturaliste au bon moment, en tant que biologiste Rodrigo n’a besoin que d’une seconde pour les identifier et nous en parler plus en détails ! Il nous raconte qu’on a de la chance d’avoir vu la baleine bleue car elle est assez rare à observer. L’expédition commence bien ! Puis on aperçoit au loin des sommets enneigés, le premier morceau de terre depuis 48 heures ; les Shetland du Sud. Un archipel d’îles au large de la péninsule Antarctique, on y est presque ! On croise dans la foulée notre premier iceberg qui dérive et.. c’est quelque chose ! Il n’a rien à voir avec ceux que j’ai vu en Artic quelques mois plus tôt, je le trouve immense !
On profite aussi de ces deux jours en mer pour désinfecter et aspirer nos tenues et affaires qui iront hors du bateau sous l’œil avisé des naturalistes qui vérifient chacun de nos mouvements pour ne rien oublier ! Le continent blanc possède un écosystème très fragile, et il faut qu’on explore ses terres avec le moins d’impact possible. La compagnie Exploris fait partie du traité de IAATO, qui est l’association internationale des voyagistes en Antarctique (International Association of ANtarctica Tours Operators), et se doit de respecter des règles : limite du nombre de passagers sur les zones de débarquement, traitement des déchets etc..
JOUR 5 – L’île d’Orne et Neko Harbour
Mon dieu, ça y est, je me réveille officiellement en Antarctique ce matin ! Je saute de mon lit pour ouvrir les rideaux et je découvre les premiers sommets, glaciers et icebergs flotter juste devant ma fenêtre. Et tout de suite je remarque quelque chose qui bouge dans l’eau.. Un manchot ! Il nage et saute juste à quelques mètres de moi ! Pincez-moi, je suis bien réveillée ? Je suis à deux doigts de verser ma première larme du voyage !

Débarquement sur l’île Orne
Un petit-déjeuner et ma tenue rapidement enfilés, je suis prête pour notre premier débarquement sur le continent blanc. Tout se passe exactement comme en Arctique, on enfile nos bottes désinfectées avant de monter sur le zodiac pour qu’il nous dépose à terre. La veille, lors de la conférence de 18 heures, Florence la chef d’expédition nous a expliqué quel allait être le programme d’aujourd’hui et nous a aussi expliquer les règles strictes à respecter lors des débarquements : on ne s’approche pas à moins de 5 mètres des animaux, on ne les appelle et ne les dérange pas (ça me semble évident), et rien d’autre que la semelle de nos bottes n’est autorisé à toucher le sol, que ce soit un sac, des gants ou même un genoux pour prendre une photo.
C’est donc sur l’île d’Orne qu’on débarque pour la toute première fois de cette expédition, une petite île de l’archipel des îles Melchior, dans le détroit de Gerlache, qui abrite une colonie de manchots papous. Directement je reste figée face à un manchot qui se trouve à une dizaine de mètres de moi, j’ai l’impression d’être si près de lui ! Puis je tourne ma tête sur la gauche et il y en a trois à seulement quelques mètres de moi, immobiles. C’est fou cette proximité qu’on peut avoir ! Il existe une vingtaine d’espèces de manchots, et ici c’est donc une colonie de manchots papous, à priori ceux qu’on rencontrera le plus, reconnaissables à leurs becs oranges et leur bande blanche sur la tête. Comme ils n’ont pas de prédateurs sur terre (hormis les labbes et les pétrels géants our les petits manchots), ils ne sont pas du tout effrayés par notre présence. Par contre, l’envers du décor, c’est qu’ils sentent terriblement fort ! Presque autant que des morses qui se dorent la pilule sur une plage au Svalbard ! Cette odeur provient de toutes leurs déjections sur l’île qui s’entassent sur leur lieu de vie et qui sentent particulièrement fort. Des naturalistes sont « postés » au quatre coins de l’île et on peut rejoindre chacun de ses points via un sentier balisé de piquets en amont pour observer les manchots et leurs petits d’un peu plus près. On est beaucoup plus « libres » de nos mouvements qu’au Svalbard car ici il n’y a pas d’ours polaires, donc pas de prédateurs pour nous ! Je trouve ça fascinant de pouvoir les observer mener leur petite vie, ils se baladent et ont l’air si maladroits sur terre avec leurs petites ailes ! On aperçoit aussi des baleines faire le tour de l’île.. Mon dieu ce que je suis en train de vivre est complètement fou !
Détroit de Gerlache
De retour sur le bateau après ce premier débarquement sur le continent blanc, on commence par désinfecter nos chaussures à la douchette puis dans le virkon (après avoir déjà rincé et frotté nos bottes dans l’eau sur place) afin de ne rien ramener à bord. On se dirige tous vers la salle de restaurant pour déjeuner, et un nouveau spectacle commence à travers les fenêtres. On s’engouffre dans le détroit de Gerlache et on navigue entre des icebergs plus gros que le bateau. Le temps un peu gris fait ressortir le bleu intense des blocs de glace, je suis comme hypnotisée. Il faut que je vois ça de plus près, sans une vitre qui me sépare de ce spectacle. Je laisse mon assiette pleine sur la table en assurant que je reviens dans 2 minutes, finalement je ne reviendrais qu’au bout de 20. Je suis quasiment seule sur le pont, on est deux. Je suis en petit pull, il fait très froid, mais je savoure chaque seconde de ce moment privilégié que je passe au bout du monde, en tête à tête avec ces icebergs plus gros et plus artistiques les uns que les autres.
À peine le temps de redescendre finir mon assiette froide que Florence, la chef d’expédition, fait un appel au micro et nous invite à la rejoindre sur le pont avant du bateau : il y a des orques dans la baie. Elles sont une quinzaine, peut-être même une vingtaine. Elles évoluent en petit groupe de 4-5 à la surface de l’eau, on les voit si bien ! Puis on remarque deux baleines aussi, une adulte et une plus jeune. Tous les naturalistes sont sur le pont, on profite donc des commentaires de Rodrigo, le biologiste, pendant cette scène irréaliste qui se déroule sous nos yeux. Les orques sont en fait en train de « chasser » les baleines, elles sont en petits groupes pour mieux les séparer et les épuiser. Et elles y arrivent. L’une des deux baleines vient se réfugier près du bateau, pendant que l’autre se bataille avec les orques, qui tentent de la couler maintenant qu’ils l’ont bien fatigué.. Tout le monde retient son souffle sur le pont, ce sont des images à crever le coeur, et à la fois dignes d’un document animalier sur ARTE. La plupart des naturalistes n’ont jamais eu la chance d’observer une scène comme celle-là ! Puis contre toute attente, les orques se retirent et laissent les baleine reprendre le cours de leur vie. Rodrigo nous indique qu’il s’agissait d’un simple « entraînement » pour les jeunes orques, tout est bien qui finit bien !
Débarquement à Neko Harbour
On arrive en début d’après-midi sur la zone de notre deuxième débarquement ; Neko Harbour. Il s’agit d’un bras de mer qui abrite une nouvelle colonie de manchots papous. Et je trouve « l’île » encore plus dingue que ce matin. Il y a plus de neige, et un énorme glacier qui entoure la colonie de manchots, on dirait une carte postale de l’Antarctique ! Les oiseaux sont posés tout autour de nous dès le débarquement, je crois que je ne me ferais jamais à cette proximité qu’on peut avoir et qu’ils n’ont même pas l’air de remarquer eux. Certains sont en pleine mue et en revanche il ne faut surtout pas s’approcher d’eux pour leur éviter un éventuel stress. Ils consomment tellement d’énergie pendant cette période qu’ils peuvent à peine bouger pour se nourrir. Mais ils sont tous fluffy avec leurs plumes dans tous les sens, on dirait de vraies peluches ! Grâce aux naturalistes postés un peu partout sur le sentier à suivre dessiné en amont par leurs soins, on apprend plein de nouvelles choses ! Et on observe et traverse notamment notre première autoroute de manchots ! Ces derniers vivent en hauteur et l’été sur les rochers pour s’éloigner au maximum de leurs prédateurs aquatiques (orques, phoques..) qui pourraient aussi se déplacer quelques mètres sur la neige/glace. Or, pour se nourrir et se nettoyer, il faut aller à l’eau ! Et en passant tous par le même chemin à la descente puis à la montée, ça créée un minuscule sentier qui finit par faciliter leurs déplacements plutôt que de s’enfoncer et tomber dans la neige. C’est vraiment rigolo à observer !
En montant un peu plus haut, on tombe sur un manchot un peu différent des autres que l’on a l’habitude de voir depuis ce matin : un adélie ! C’est une autre espèce de manchot, qui a la tête toute noire et l’oeil entouré d’un petit cercle blanc. Il est si beau ! Comme ceux qui sont en pleine mue, on dirait une peluche ! Alexis, le naturaliste qui se trouve à côté de lui, nous explique que les jeunes manchots ont tendance à partir explorer d’autres colonies, et apparemment celui-ci est tombé sur l’une d’elles, mais pas de son espèce. On continue de suivre le sentier qui grimpe dans la neige jusqu’à surplomber une partie du glacier et à avoir une vue plongeante sur ce dernier. La vue est sublime ! Soudain le bruit fracassant d’un velage retentit, c’est le glacier qui craque. C’est assez impressionnant, parfois la glace qui tombe se trouve au bout du glacier et tombe dans l’eau, parfois ça se passe à l’intérieur du glacier et dans ce cas on ne voit rien, on entend juste. Avant de rentrer sur le bateau le rituel est le même, on pré-nettoie nos bottes dans l’eau avant de les rincer et désinfecter de nouveau sur le bateau pour ne rien ramener à bord.
JOUR 6 – Baie de Skontorp et débarquemlent à Port Lokroy
Avec l’excitation d’être ici, au bout du monde, je ne dors pas beaucoup la nuit et je suis toujours réveillée avant les autres.. Et ce matin je découvre le pont du bateau sous la neige ! Il n’y a pas un bruit, tout est si calme.. Ça donne un petit côté féérique en plus à ce nouveau moment hors du temps ! On se trouve dans la Baie de Skontorp, qui porte le nom d’un ingénieur norvégien, Edvard Skontor, qui a participé aux premières explorations de l’Antarctique. J’aperçois quelques cabanes rouges qui doivent sûrement former une base scientifique, avec une colonie de manchots papous qui vivent tout autour.
Kayak dans la Baie de Skontorp
Après avoir enfilé notre tenue étanche, c’est parti pour une sortie en kayak ce matin ! On s’installe deux par deux par embarcation grâce à une petite plateforme flottante, et nous voilà partis ! On commence à pagayer, et des manchots papous se mettent à marsouiner à côté de nous, c’est à dire à nager et sauter comme pourraient le faire des dauphins. Ça leur permet de respirer, contrôler leur vitesse et perturber leurs prédateurs ! Puis seulement quelques minutes après, on entend le souffle d’une baleine.. on la cherche alors tous des yeux sans la voir, et un nouveau souffle retentit, elle est là-bas ! À seulement quelques dizaines de mètres de nous ! Elle sort environ toutes les minutes pour reprendre de l’air, puis finit par sonder, c’est à dire plonger plus profondément pour partir plus loin et sans doute à la recherche de nourriture. On continue alors notre sortie dans ces eaux calmes, mais glacées. On se rapproche de certains icebergs, passe dans de la glace, observe de nouveaux glaciers.. Et on tombe de nouveau sur une baleine sur notre chemin retour. La sortie est encore plus belle que celle que j’avais faite pendant le soleil de minuit en Arctique !
Navigation
Comme d’habitude, on est accueillis comme des rois en rentrant à bord ! On se réchauffe de cette sortie sur le pont avec un bon chocolat chaud/chantilly et chamallow ! Tout ça avec une vue imprenable sur la baie que l’on vient d’explorer en kayak et ses immenses glaciers.. J’aimerais signer pour cette vie tous les jours tout de suite ! Puis on reprend « la route » jusqu’à notre prochain stop. La navigation est toujours aussi dingue, tout à l’air figé dans le temps ! Et comme d’habitude, des baleines nous accompagnent et nagent plus ou moins loin du bateau pendant nos déplacements, j’ai l’impression de vivre dans un rêve !
Port Lokroy
C’est en milieu d’après-midi que l’on arrive à Port Lokroy, une toute petite île découverte lors des deux expéditions de Jean-Bapstiste Charcot en 1903 et 1905. Dessus se trouve une petite cabane entourée d’une colonie de manchots papous qui abrite aujourd’hui un minuscule musée et le bureau de poste le plus au sud du monde ! L’endroit est gardé par 6 anglais du British Antarctic Trust qui se relaient à accueillir les visiteurs et poster leurs cartes postales. Bien évidemment, j’ai acheté 5 cartes postales à envoyer du bout du monde, et même une pour mon futur moi ! Ça me fera un joli souvenir ! Il paraît que les cartes peuvent mettre entre 3 semaines et 1 an à arriver, il faut donc être patient (ça fait un mois que je suis rentrée et toujours pas de nouvelles de la carte en tout cas ahah). Avant de remonter sur le bateau on profite de faire un tour de zodiac autour de l’île pour voir les sommets et glaciers qui nous entourent de plus près.
Canal Lemaire
Il est presque 20 heures et pourtant, la journée n’est pas finie ! On sort de notre conférence et récap du jour et Florence nous explique qu’elle et le commandant veulent essayer de passer par le canal Lemaire. Sur le papier habituellement, aucun problème. Or, depuis plusieurs jours, les quelques navires qui ont voulu passer par là se sont vus faire demi-tour car un immense iceberg coinçait la sortie du canal. À notre tour de voir si ça passe ou toujours pas, si le bloc de glace à bougé ou non ! Tout le monde se retrouve sur le pont avant pour ce moment, même si j’ai l’impression qu’il fait -8000 degrés. Le vent est glacial, mais les couleurs du coucher de soleil sont dingues. Les rayons du soleil de fin de journée percent entre les montagnes et au dessus de l’énorme iceberg qui coince notre passage. Le stress est à son comble, j’ai l’impression d’entendre les autres passagers retenir leur souffle au fur et à mesure qu’on se rapproche de notre « obstacle ». Puis finalement, ça passe ! On arrive (enfin le capitaine) à se frayer un chemin en passant à gauche de l’énorme bloc de glace, on est les premiers à arriver à passer après plusieurs jours ! Tout le pont se met à applaudir le capitaine et son équipe, on est à la limite de tous se serrer dans les bras !
Mais la soirée est loin d’être finie. À peine sortie du Canal Lemaire qu’un nouveau spectacle commence.. Le soleil se couche, le ciel se transforme en barbapapa et plusieurs baleines curieuses nagent autour du bateau. C’est un vrai festival, ça n’arrête pas ! Entre ça, les énormes icebergs qui nous entourent et les différentes couleurs du sunset.. Je suis en train de vivre l’une des plus belles soirées de ma vie. Et tout ça ne s’arrête pas ! Il est presque minuit et les baleines sont toujours là, à vivre simplement et respirer à côté de nous. Comme on est tout près du cercle polaire, le soleil ne se couche pas vraiment, c’est le soleil de minuit. On n’a aucun mal à observer dehors très tard. Puis pendant 10 minutes, plus rien. Après plusieurs heures, les baleines ont l’air d’avoir prit le large, de s’être éloignées de nous. Je profite de ce moment pour retourner dans ma chambre. J’ai prit l’habitude d’ouvrir la baie vitrée quand je me prépare à aller me coucher pour avoir de l’air frais pour dormir. Et j’ai à peine le temps de me retourner que j’entends la respiration d’une baleine. De nouveau. Et elle est bien là. Juste devant ma fenêtre à bientôt une heure du matin. J’ai l’impression qu’il ne reste plus que nous deux. Je m’enveloppe de ma couette et m’assois au bord de la fenêtre. Je la regarde nager à côté de moi, respirer, sortir curieusement sa tête de l’eau.. J’aimerais que cette nuit ne finisse jamais. Elle finit par s’éloigner au bout d’une vingtaine de minutes, et je me décide enfin à essayer d’aller dormir avec des étoiles plein les yeux..
JOUR 7 – Zodiac cruise à Wordie Bay et débarquement à Petermann Island
Zodiac cruise à Wordie Bay
À peine remise de ma soirée inoubliable d’hier et courte nuit (comme à chaque fois), que l’on embarque au petit matin sur les zodiacs pour explorer Wordie Bay. Une fois de plus et dès le départ, on en prend plein les yeux. Les icebergs sont tous plus gros, plus beaux, et plus artistiques les uns que les autres. Il y en a de toutes les formes, et même des arches ! On tombe aussi sur quelques phoques crabiers qui se dorent la pilule au soleil et se grattent le ventre. On est qu’à quelques mètres d’eux et pourtant ils n’ont absolument pas l’air d’être gênés de notre présence. C’est comme si on n’existait pas ! Puis arrive l’une de mes plus belles rencontres du séjour.. Un léopard de mer s’approche timidement de nous, jette un coup d’oeil rapide, repart… Et répète cette action plusieurs fois de suite en suivant notre zodiac. Il vient de plus en plus près, et se met même à passer sous le zodiac en ouvrant grand ses yeux. Il est si près ! Il commence à prendre de l’assurance, il fait des aller-retours de plus en plus rapides entre notre zodiac et celui d’un autre groupe et très joueur, il se met à sortir ses dents qu’il essaie de planter dans les boudins de notre embarcation ! On le laisse faire quelques fois, puis on essaie ensuite de le semer ! Mais toujours aussi joueur, il se met à jouer dans les vagues qu’on créée et continue de suivre le zodiac sans grande difficulté. Il se déplace si vite ! Mais on arrive quand même à le semer au bout de quelques minutes et le laisser dans les icebergs. Je n’ai pas de photos du léopard de mer à vous partager par ici, mais vous pouvez trouver des vidéos dans mes story à la Une sur instagram !
Wordie House
Au milieu de cette exploration en zodiac, on débarque rapidement à Wordie House, une petite cabane construite en 1947 nommée en l’honneur de James Wordie qui était le scientifique en chef de la célèbre exploration Antarctique de Shackleton en 1914. Utilisée autrefois par les scientifiques pour effectuer des relevés météorologiques et autres, elle est désormais classée site et monument historique. Lorsqu’on entre à l’intérieur, on peut découvrir la cabane encore en état. Les lits sont là, tout comme les casseroles, assiettes, jeux, boites de conserves encore pleines.. Elle est prête à accueillir de nouveaux visiteurs, il paraît que les derniers y sont restés plusieurs mois et voir même plusieurs années !
De retour de cette sortie en zodiac inoubliable dans la Wordie Bay, on profite de passer un moment sur le pont avant notre sortie de l’après-midi. On est dans la même baie que la veille avec les baleines et le coucher de soleil, on n’a pas bougé. Et si l’on regarde, on peut encore apercevoir des baleines, et des phoques sur les icebergs. Il fait bon, le soleil chauffe et je suis au bout du monde. Que demander de plus à part rester ici plusieurs années ?
Débarquement à Petermann Island
Nouveau débarquement prévu cet après-midi.. Et quel débarquement ! Mais avant de débarquer, on rase les rochers pour essayer de trouver l’inscription laissée par Jean-Baptiste Charcot lorsqu’il est passé par là en 1910 : P.P pour son bateau le « Pourquoi Pas ». Notre chef d’expédition est une grande fan de Mr. Charcot, et après l’avoir vu et entendu parlé de lui à quasiment chacune de nos conférences avec des étoiles plein les yeux, ça fait un petit quelque chose de voir ça et de se dire qu’il est passé par ici il y a une centaine d’années quand même !
On débarque dans la foulée sur l’île de Petermann qui nous offre un décor grandiose : une colonie de manchots papous mélangés à une colonie de manchots adélie, mais aussi quelques manchots à jugulaire entourés de sommets enneigés, d’icebergs géants qui flottent et presque sans un nuage dans le ciel. Une vraie carte postale de l’Antarctique. On observe des scènes de vie magiques entre les manchots. Certains disputent leurs petits, des mâles offrent des cailloux qu’ils tiennent dans leur bec aux femelles pour tenter de les conquérir, et d’autres couvent de minuscules petits de quelques jours dans leurs nids construis en petits cailloux (préalablement offerts et/ou construis par les mâles). Je profite de chaque seconde de ce voyage qui m’émerveille tant, et je me dis que je pourrais rester là des heures à observer cette faune, comme au premier jour. C’est quelque chose dont on ne se lasse pas. J’ai l’impression de vivre quelque chose de magique. On se rapproche de la fin du voyage, et rien qu’à y penser, j’ai à la fois des étoiles dans les yeux d’avoir la chance de vivre tout ça et le coeur qui se serre de me dire que c’est bientôt fini..
JOUR 8 – Balade en zodiac dans la baie de Recess Cove et débarquement à Portal Point
Baie de Recess Cove
C’est notre deuxième réveil sous la neige du séjour, et apparemment voilà les vraies conditions de l’Antarctique ! Les flocons de neige sont aussi gros que des pizzas et il y a un peu de vent, mais hors de question de rater l’activité du matin (comme aucune autre d’ailleurs). On embarque pour une virée en zodiac sur l’embarcation de Rodrigo, le guide qu’on connaît déjà de notre expédition précédente en Arcticque. On a attendu exprès pour tomber avec lui, il a une manière si spéciale et drôle de raconter ses anecdotes sur les animaux, il est passionné par les baleines et les pinipèdes ! On commence la balade en tombant sur une baleine à seulement quelques mètres de nous, puis des phoques crabiers qui dorment et qui jouent sur les icebergs. C’est vrai que la météo rend les conditions un peu plus « extrêmes » dans cette baie isolée dominée par la glace. Et plus les minutes passent, moins la visibilité est bonne. On tombe sur un dernier petit phoque de Wedell qui sort de l’eau et grimpe sur un iceberg, puis on ne voit officiellement plus à 10 mètres. En plus de ça, le bateau d’Exploris à dû bouger pendant notre absence de deux heures, c’est une petite mission radio menée entre le capitaine et les naturalistes sur les zodiacs pour retrouver le navire ! Mais on y arrive sans difficulté en quelques minutes, trempés par la neige qui nous a recouvert pendant cette matinée !
Débarquement à Portal Point
Après s’être bien réchauffé, on repart en expédition cet après-midi. Un débarquement est prévu à Portal Point. En attendant l’heure annoncé, on profite encore d’un spectacle de plusieurs baleines qui nagent dans la baie et autour du bateau. C’est fou ! Jamais je n’aurais pensé en voir autant, je m’estimais déjà si heureuse d’en avoir vu 3-4 le premier jour en arrivant près des Shetland du Sud ! Le temps ne s’est pas amélioré si ce n’est qu’on voit de nouveau à plus de 10 mètres devant nous et qu’il neige un peu moins. Mais il y a beaucoup de vent ! Comme d’habitude, un sentier est imaginé en amont et balisé par des piquets pour qu’on puisse explorer les environs. On tombe sur le seul et unique manchot de l’île, immobile et dos au vent qui habite ces terres, je vous laisse le trouver sur les photos !
Derniers gros icebergs
Lors du dîner de ce soir, le capitaine nous fait une petite annonce au micro pour nous annoncer qu’on quitte définitivement la zone où l’on peut observer les icebergs, et qu’un particulièrement immense et beau s’apprête à passer à tribord du navire. Comme d’habitude, je me précipite sur le pont pour ne pas en rater un miette. Et j’en ai presque la larme à l’oeil de me dire que c’est le dernier.. C’est réel, c’est bientôt la fin.
JOUR 9 – Débarquement matinal à Deception Island et Walker Bay
Deception Island
Le réveil de 4 heures ce matin pique un peu même si je suis réveillée avant, comme d’habitude. C’est fou, je suis à la fois exténuée de ces journées bien remplies autant en activités qu’en émotions, et pourtant je n’arrive pas à fermer l’oeil avec l’excitation de ce que je suis en train de vivre et de ce qui va suivre. Florence notre chef d’expé voulait qu’on profite à fond et au maximum de notre dernier jours en Antarctique, avant de reprendre la route vers le passage de Drake. Et elle a bien fait ! Si il faut j’aurais fait une nuit blanche ! La totalité des passagers se sont réveillés d’ailleurs, on est tous à l’heure à la coupée pour le débarquement.
On est entrés dans la caldeira inondée d’un volcan actif, et c’est l’un des deux seuls endroits au monde où il est possible de faire ça ! Lorsque l’on monte sur les zodiacs, une légère fumée nous enveloppe directement, due justement au volcan. Et la plage de sable fume encore plus que l’eau ! L’ambiance est mystique, j’adore ! Je n’aurais jamais pensé trouver ce genre de paysages en Antarctique, ça me fait plutôt penser à l’Islande. La veille, lors de la conférence, une courte vidéo retraçant l’histoire de Deception Island nous a été montré et j’ai trouvé ça assez sanglant. L’île a été utilisé pour les baleiniers, mais aussi pour tuer les otaries à fourrure et récupérer leur fourrure. C’est après deux éruptions volcaniques en 1842 et 1969 que le site a été définitivement laissé à l’abandon. L’une des premières choses que l’on voit d’ailleurs sur l’île sont ces fameux fours à graisse de baleine, rouillés mais intactes. Il y a aussi un hangar à petits avions et d’autres cabanes où vivaient les baleiniers quand ils travaillaient ici. Il s’agissait d’un centre majeur pour l’industrie baleinière au début du 20ème siècle, avec une réelle exploitation de la faune locale.. Pour ma part, je suis plus fascinée par les animaux que l’on peut observer ici comme les otaries à fourrure qui courent et jouent ensemble sur le sable noir, et les manchots papous jamais très loin. Les otaries couinent et grognent comme des petits chiens, c’est assez drôles à attendre (vous pouvez entendre ça sur l’un de mes réels instagram « l’Antarctique version ASMR »).
Walker Bay
Ça y est, c’est l’heure de notre dernier débarquement de cette expédition polaire.. On met notre dernier pied à terre en fin de matinée sur la baie de Walker Bay, dans l’archipel des Shetland du Sud. Comme ce matin, c’est un sable noir que l’on foule. On commence par trouver des traces des manchots papous sur le sol, puis des ossements de baleine un peu plus loin. C’est au bout de la plage qu’on tombe sur des animaux de la région que l’on n’avait pas encore vraiment eu l’occasion de voir pour l’instant : les éléphants de mer. Une quinzaine d’individus sont affalés les uns contre les autres et dorment au soleil. Ils sont énoooormes. Je me demande même comment ils ont réussi à se hisser seuls aussi haut sur la plage quand je vois qu’ils ont dû mal rien qu’à se retourner. Ils éternuent environ une fois toutes les minutes même pendant leur sommeil à cause d’un « virus » qu’ils ont dans leur nez quotidiennement, c’est assez rigolo à voir et à attendre (comme pour les couinements des otaries à fourrure, vous pouvez retrouver ce bruitage dans un de mes réels sur instagram). On passe de longues minutes à les observer, avant de revenir sur nos pas. Rodrigo nous montre des fossiles de plantes qu’il a trouvé, sous des pierres, le rendu est sublime ! Puis il est l’heure de remonter sur le bateau.. On fait un dernier tour de l’île rapidement en zodiac avec une jolie surprise pour clôturer ce voyage incroyable : on passe devant une petite crique remplie de manchots papous, adélie, à jugulaire, il y a aussi des otaries à fourrure.. On leur dit au revoir en s’éloignant doucement en direction du navire, ça y est, le voyage touche (presque) officiellement à sa fin !
JOUR 10 à 12 – Passage de Drake
C’est reparti pour deux jours et demi dans le passage de Drake ! Et apparemment on est très chanceux, les conditions s’annoncent très calmes de nouveau on devrait avoir de nouveau droit à un Drake Lake ! Les petites pillules de mer Calm sont de nouveau en libre service devant l’infirmerie et les sacs en papier disponibles aux 4 coins du bateau. Il n’y a des creux que de 3 mètres maximum, quasiment comme à l’aller, ce qui fait qu’on bouge mais ça reste supportable. En revanche, ce passage du Drake à l’effet d’un somnifère hyper puissant sur moi. Il me berce. Mais au point de ne pas arriver à résister. Je vais à chacune des conférences et lutte pour garder l’oeil ouvert, dès qu’il y a 30 minutes de pause je descends dans ma chambre et m’affale à plat ventre sur mon lit pour dormir. Le premier soir j’ai même dû quitter le dîner au moment de l’entrée, j’ai cru que j’allais laisser tomber ma tête dans mon assiette en m’endormant ! Je pense que j’avais aussi besoin de récupérer de mes courtes nuits pendant une semaine, je n’ai pas du dormir plus de 3 heures sur une nuit alors mon corps doit enfin se relâcher !
On arrive donc deux jours plus tard dans le port de Ushuaia, là où tout à commencé 10 jours plus tôt.. La boucle est bouclée. On doit rester à bord du navire le temps que la police viennent examiner le navire et les identités de chacun, puis on a quartier libre pour cette dernière soirée à Ushuaia. La première chose qu’on fait c’est de se ruer à l’office du tourisme avant qu’elle ne ferme, c’est ici que l’on peut se faire tamponner un manchot et le signe de l’Antarctique sur nos passeports. Je ne voulais pas repartir sans, généralement l’Antarctique c’est une fois et pas deux ! On enchaîne rapidement avec quelques magasins de souvenirs mais on ne trouve rien d’incroyable.. Après le dîner, direction le Dublin, le bar du bout du monde où se retrouvent tous les marins pour passer un bon moment quand ils remettent le pied à terre. Ce sont les naturalistes qui nous l’ont conseillé, et au final on retrouve quasiment la moitié du bateau, l’équipage et les naturalistes là-bas ! L’ambiance est chaleureuse et le spot ressemble à un pub irlandais, c’est génial et ça permet de ne pas trop déprimer ne passant cette dernière soirée sur le port de Ushuaia. On retourne ensuite sur le bateau pour passer notre toute dernière nuit..
JOUR 13 – Retour en France
Ça y est, c’est vraiment la fin cette fois. Mais entre le passage de drake et la soirée à Ushuaia, j’ai eu le temps de m’y « préparer » contrairement à l’Artic ou je me suis réveillée en larmes et inconsolable. J’ai quand même une pointe au coeur lorsqu’on descend pour la dernière fois de la passerelle du bateau, que les naturalistes et l’équipage nous dit au revoir et que Rodrigo me serre dans ses bras. J’ai la larme à l’oeil quand le bus quitte le port et que tout le monde nous fait coucou depuis la route. J’aime me dire que ce n’est qu’un au revoir, qu’on va tous se revoir.
Je ne remercierais jamais assez Exploris de m’avoir donné l’opportunité de vivre (à nouveau) une expérience pareille en m’invitant et d’avoir réalisé l’un de mes plus grands rêves qui était de découvrir l’Antarctique, ce fameux continent blanc.. C’était aussi incroyable que ce que j’avais imaginé, j’en ai encore des étoiles plein les yeux et ça pour longtemps encore. Je savais que j’avais une attirance toute particulière pour les pays nordiques et les zones polaires, mais ce voyage à encore plus que confirmé les choses. Je vous ai souvent parlé de ce voyage en vous disant que c’était le voyage d’une vie, et bien finalement j’espère que ce ne sera pas le dernier. L’Antarctique comme le Svalbard ont prit une place bien spécifique dans mon coeur, et je compte bien y retourner dans ma petite vie. Je suis attirée par les pôles comme un aimant ! Et je ne peux que vous conseiller de faire de même et de partir avec Exploris si vous avez les mêmes rêves que moi, j’ai vécu sur ce bateau quelques fragments des plus beaux moments de ma vie, il y a quelque chose de magique qui enveloppe ces expéditions.
Clap de fin pour cet article détaillé et avec plus de photos sur l’Antartique. Si vous voulez revoir ma petite escapade avec plus de photos et vidéos, ou suivre mes aventures en direct, rendez-vous sur Instagram ! Et si cet article vous a plu, vous adorerez lire celui sur mon expédition polaire en Arctic, aussi réalisée à bord de l’Exploris One





























































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