8 jours de trek dans la Cordillère glaciaire de Huayhuash – Pérou

octobre 14, 2025

 

De retour à la maison après plus de 3 mois de voyage en Amérique du Sud et du Nord, du boulot m’attend par ici ! Je suis partie avec l’une de mes meilleures amies à l’occasion de l’année de nos 30 ans, pour passer un peu ce cap en marquant le coup. Et quelle bonne idée ça a été, on a eu l’occasion de découvrir tellement de nouveaux endroits et essayer plein de nouvelles expériences ! Et l’une des premières et des plus belles à été ce trek de la Cordillère Blanche de Huayhuash, qui est considéré comme l’un des plus beaux treks du monde. C’est en nous penchant sur ce qu’il y avait à voir et faire au Pérou qu’on a découvert ce trek. Mais en cherchant un peu plus d’informations, je trouvais beaucoup de retours « négatifs » en ce qui concerne les mules qui devaient nous aider à porter le matériel pour les 8 jours de marche. La plupart des retours parlaient de violences et de cris envers elles, a tel point qu’il était difficile de les approcher tellement elles avaient peur. J’étais prête à faire une croix sur ce trek, puis je suis tombée sur la page « Le tour de la Cordillère de Huayhuash » de Allibert Trekking. Je les ai contacté directement sur instagram pour avoir des réponses à ces questions de bien-être animal que je me posais, et ils m’ont assuré qu’ils se souciaient des conditions de travail des animaux ET des guides sur place. En continuant d’échanger, l’idée d’une collaboration entre nous s’est mise en place, afin de tester ce trek et d’en faire un retour sincère par ici. C’est donc comme ça que je me suis retrouvée à réaliser l’une de mes plus belles expériences en Amérique du sud grâce à Allibert Trekking !

Pour vous en dire un peu plus sur Allibert Trekking, c’est une agence de voyages d’aventure française qui organise des séjours partout dans le monde. Et contrairement à ce qu’indique son nom, il n’y a pas que des treks de proposés sur le site. Vous pouvez trouver des aventures en kayak, en vélo, en raquettes, en ski de rando.. Il y en a vraiment pour tous les gouts ! Je connaissais un peu de nom mais celle qui m’en a surtout beaucoup parlé, c’est ma grand-mère. Du haut de ses 80 ans, c’est une grande randonneuse, et elle a pour habitude de partir faire ces voyages organisés en Europe très souvent (Lofoten, Dolomites…). Elle m’en à toujours dit du bien, et m’a venté les mérites de l’entreprise qui se charge de tout gérer ! Comment vous dire qu’elle était ravie que je teste à mon tour Allibert Trekking, et sur un parcours qu’elle aurait adoré faire elle aussi !

 

Comment se rendre jusqu’à la Cordillère de Huayhuash ? Quelles sont les formalités d’entrée au Pérou ? Le décalage horaire ?

La Cordillère de Huayhuash se trouve au Pérou et plus précisément dans le Nord du pays, près de la ville de Huaraz. Pour rejoindre cette ville de « départ », il faut d’abord prendre un avion jusqu’à Lima qui est la capitale du pays, puis un bus de 9 heures pour rejoindre Huaraz. La meilleure compagnie de bus du pays est sans hésiter Cruz Del Sur. Les sièges sont larges, confortables, se baissent à 170 degrés et une collation est même distribuée pour le voyage ! En ce qui concerne le décalage horaire, il y a 7 heures de moins qu’en France.

 

Quand faire le trek de Huayhuash ?

La meilleure période pour faire le trek de Huayhuash est en hiver, soit de mai à octobre pour le Pérou. Les mois les plus rudes et les plus froids sont ceux de juillet et aout, donc si vous avez des dates flexibles je vous conseille d’opter pour les mois de mai, juin ou septembre. Je l’ai fait en mai pour ma part, et il faisait déjà très frais ! On était au soleil la journée, mais c’est arrivé deux fois qu’on se réveille avec la tente complètement gelée. Donc des températures négatives la nuit. Et oui, on a tous les jours dormi entre 4000 et 4500 mètres ! Les duvets confort -15 recommandés d’emmener pour ce trek nous auront bien servit et le petit tips que j’avais vu en amont sur d’autres blogs : les frileux peuvent emmener une bouillotte ou une gourde en acier pour mettre de l’eau chaude le soir avant de dormir et la glisser au fond du duvet pour augmenter la chaleur de quelques degrés. Chose qui a très bien marché pour moi !

 

Combien de temps prévoir pour le trek de Huayhuash ?

Il y a deux possibilités pour faire de trek ; 8 jours et 7 nuits ou 5 jours et 4 nuits. Mais si comme moi vous partez avec Allibert Trekking, il faudra forcément opter pour les 8 jours de trek. Et c’est ce que je vous conseille de faire dans tous les cas peu importe avec quelle agence vous le faite ou si vous avez le matos, l’expérience et les connaissances pour le faire en totale autonomie. En 8 jours, vous aurez le temps de faire le tour entier de la Cordillère de Huayhuash, et de profiter de tous les paysages glaciaires spectaculaires qu’elle propose. Prévoyez également quelques jours d’acclimatation à l’altitude à Huaraz et ses alentours avant de commencer le trek, le MAM (mal aigu des montagnes) n’est pas à prendre à la legère et peut être très dangereux pour la santé.

 

Comment s’acclimater correctement à l’altitude ? Quels sont les risques ?

L’altitude n’est pas un facteur à prendre à la légère. Le mal aigu des montagnes varie d’une personne à une autre, peu importe le fait d’être plus ou moins sportif ou plus ou moins jeune. C’est un peu de la chance ! La plupart des personnes peuvent ressentir ce mal à partir de 2500 mètres d’altitude, où il faudra monter ensuite par palier de 400 mètres maximum par jour pour limiter les effets de l’altitude sur le corps. Les premiers légers symptômes du mal aigu des montagnes qui peuvent se faire ressentir sont des maux de tête, de la fatigue, des nausées et des vertiges. Les symptômes plus graves et plus dangereux qui doivent vous alerter sont des vomissements, des étourdissements, un essoufflement, et des compressions au niveau de la poitrine.. Ça peut même aller jusqu’à des oedèmes. Certains médicaments peuvent aider à supporter l’altitude, mais la meilleure manière reste de respecter les paliers journaliers et de boire beaucoup d’eau, voir redescendre si ça ne s’arrange pas. Les feuilles de coca peuvent aussi beaucoup aider, en les chiquant ou en buvant des matés de coca. Pour ma part, je n’ai pas vraiment ressenti le mal des montagnes, mais la plupart des personnes de mon groupe oui. Les symptômes étaient légers, tout le monde a donc pu rester sur l’entièreté du trek et personne n’a eu besoin d’être évacué.

 

Qu’est-ce qui est compris avec Allibert Trekking ?

En partant avec Allibert Trekking, dans le prix est compris : les vols aller/retour Paris – Lima, les nuits d’hôtel à Lima et Huaraz, les trajets en bus et van, le matériel et la nourriture du trek, les guides, cuisiniers, muletiers, le caisson hyperbare.. Quasiment tout le séjour ! Les seules dépenses à compter en plus sont : les repas à Lima et Huaraz, les pourboires à la fin du séjour, l’assurance annulation/interruption de séjour/perte de bagages et l’assistance pour ça. Vous pouvez aussi faire quelques « ajustements » de séjour si vous n’avez pas besoin de prendre l’avion si vous êtes déjà sur place (ce qui était notre cas), prendre l’avion que dans un sens avec le groupe, ou combiner plusieurs aventures Allibert Trekking dans le même pays ! Il ne faut donc pas hésiter à les contacter directement et échanger avec eux.

 

Quel est le niveau demandé pour intégré ce trek de 8 jours ?

Ce trek de 8 jours dans la cordillère glaciaire de Huayhuash est catégorisé de niveau 5 sur le site Allibert Trekking. C’est à dire qu’il faut s’attendre à marcher 6 heures soit environ 20 kilomètres et 1000D+, tous les jours, avoir une première expérience en bivouac est aussi un plus. De toute façon, une personne d’Allibert Trekking vous appellera pour discuter de vos expériences et habitudes avant le trek pour être sûr de vos capacités et que cette expériences ne se transforme pas en cauchemar pour vous ! J’ai beaucoup apprécié ce coup de fil et il m’a rassuré avant le départ sur les appréhensions que j’avais personnellement ! 

 

Quelle est la monnais utilisée au Pérou ? La langue parlée ?

La monnaie utilisée au Pérou est le sol péruvien. En mai 2025, 1 sol = 0,25€, ou 1€ = 4 sol. Pour avoir une idée des montants à payer en euro, il suffit de diviser la somme par 4 ! En ce qui concerne la langue parlée, c’est bien évidemment l’espagnol. Et soyez prêt, personne (ou presque) ne parle anglais ! Pour ce trek avec Allibert Trakking, on a eu la chance d’avoir un guide péruvien qui parlait français et que l’on comprenait extrêmement bien mais dans le reste du pays il vaut mieux avoir quelques notions d’espagnol !

 

Quelle assurance voyage choisir ? Comment avoir internet à l’étranger ?

Avoir une assurance en voyage est primordiale. Que ce soit pour l’assurance dans les transports, les objets de valeur, les accidents, les bagages, la santé, le retard, les rapatriements, intoxication alimentaire.. Il faut être assuré. Les frais médicaux à l’étranger peuvent s’élever à des centaines voir des dizaines de milliers d’euros, un voyage peut vite basculer du rêve en cauchemar, et j’ai plusieurs témoignages de proches assurés ou non qui peuvent en témoigner. Je vous conseille l’assurance voyage Heymondo pour cela, c’est celle que j’ai prit pour mon voyage en Amérique du Sud pendant 5 mois. L’avantage est qu’elle fait partie des moins chères, et comprend une assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec une couverture incluse pour les activités et sports outdoor ! D’ailleurs en passant via ce lien, vous bénéficierez de -5% supplémentaires, il n’y a pas de petites économies !

Et si vous voulez acheter une carte sim pour avoir internet illimités lors de votre séjour en Norvège, je vous conseille de la prendre sur Holafly ! Leur connexion passent de partout, c’est déjà sur ce site que j’avais pris ma carte sim pour l’Égypte et j’ai capté jusqu’auu coeur du désert blanc ! Donc j’en ai reprise une avec mon propre code promo : LEADORABLEE qui vous offre -5% sur toutes leurs eSim !

 

Avant de commencer ce trek officiellement, on retrouve toute l’équipe à Lima, puisqu’on passe une nuit tous ensemble à l’hôtel Arawi Miraflores Express, dans le quartier le plus recommandé pour les touristes et le plus safe de la capitale. Un bus de ligne est prévu le lendemain à 9 heures pour nous emmener jusqu’à Huaraz, au Nord du pays. On est 8 français dont 4 filles, de 26 à 60 ans. À part la copine qui est partie avec moi pour faire 3 mois en Amérique du Sud, personne ne se connaît. Mais le feeling passe très bien entre tous dès le début ! Personne n’est ici pour battre un record, mais plutôt pour vivre une nouvelle expérience enrichissante.

 

 

JOUR 1 – Première randonnée d’acclimatation ;

Arrivés la veille en bus à Huaraz, Allibert Trekking nous a réservé 3 nuits à l’hôtel Cordillera qui est vraiment très bien ! Les chambres sont spacieuses, et les salles de bain plutôt grandes aussi avec une douche chaude, ce qui n’est pas garantit à chaque fois au Pérou. Donc même si vous ne venez pas ici avec Allibert Trekking, c’est une adresse que je vous recommande. Si il n’y a plus de place, l’hôtel Maimara à un standing assez similaire (voir peut-être encore mieux car la vue à l’air sublime). Et si vous avez un plus petit budget vous pouvez regardez l’hôtel de Turistas ou l’hôtel Cas del Montanista. Après avoir fait connaissance avec notre guide péruvien Carlos qui parle extrêmement bien français et son assistant guide Daniel (qui lui ne parle qu’espagnol mais est tout aussi adorable), on se penche grossièrement sur le programme qui nous attend ces prochains jours ; deux randos d’acclimatation autour de Huaraz, une journée de transfert, et le fameux trek de Huayhuash qui débutera. Huaraz se trouve déjà à 3000 mètres d’altitude, donc on commence par une première petite rando d’acclimatation dans la foulée, jusqu’à la lagune de Wilcacocha. Au lieu de prendre les grands lacets de chemin large, on emprunte un petit sentier plus raide afin que notre guide Carlos puisse identifier notre niveau et nos capacités. On arrive à la lagune après 4 kilomètres et 600D+ pour déjeuner dans la jolie maison d’Hugo, qui est le responsable des séjours Huayhuash à Huaraz. La nature qui nous entoure est magnifique, avec la Cordillère Blanche juste en face de nous ! Seulement une personne du groupe se met à avoir des nausées au sommet après le déjeuner, on redescend donc directement à Huaraz. Car la seule véritable solution pour contrer le mal aigu des montagnes est de redescendre en altitude. Puis dans l’après-midi, une autre devient également malade, et les deux restent se reposer dans leurs chambres en espérant un meilleur état pour demain matin.. 

 

JOUR 2 – Deuxième randonnée d’acclimatation ; Laguna 69

Sur la route

C’est aux aurores, vers 5 heures ou 6 heures que Carlos et Daniel viennent nous chercher à l’hôtel aujourd’hui pour notre deuxième rando d’acclimatation à l’altitude. Pas de grande amélioration pour nos deux malades depuis hier, Carlos leur demande de rester ici pour se reposer encore et espérer un départ pour le trek demain en meilleure forme. On grimpe donc à 6 dans le van, pour plus de 2 heures de route jusqu’au départ de la randonnée du jour. La route est magnifique, particulièrement sur les derniers kilomètres entre lagune et sommets enneigés. Puis pour sublimer le tout, nos deux guides nos offrent du thé et du café chaud avant de commencer la randonnée. On est traités comme des rois !

 

 

Laguna 69

On commence à marcher sur le sentier qui mène à la Laguna 69 avant même que le soleil ne perce, en remontant le cours d’une rivière. Le chemin commence à plat, puis se met doucement à monter en de longues épingles entre des buissons. Chacun marche à son rythme, avec Carlos qui ouvre la marche, et Daniel qui la ferme derrière. Je ressens un peu plus les effets de l’altitude qu’hier, avec des jambes qui me paraissent plus lourdes que d’habitude et un souffle plus court. On se retrouve tous pour boire un coup après la première montée qui mène jusqu’à un plateau où se trouve un lac. Carlos nous montre la suite du sentier qui continue de monter un peu plus loin, en nous expliquant que le fameux lac 69 se cache derrière. À première vue, rien d’insurmontable. Mais une fois que je commence à entamer cette dernière montée, j’ai l’impression que tout devient plus difficile.. Après tout, on est déjà à plus de 4000 mètres ici ! Et c’est la première fois que je me retrouve à cette altitude ! C’est peut-être ça ! Ce dernier kilomètre me paraît interminable. Je m’arrête reprendre mon souffle une fois, puis une deuxième, une troisième.. Puis le lac finit par apparaître devant moi. Juste là, niché entre deux montagnes et au pied des glaciers. Une cascade coule doucement et lorsque le vent s’arrête, l’eau est incroyablement belle et lisse. D’un bleu pure et magnifique ! Je rejoins les 3 premiers du groupe déjà arrivés pour pique-niquer, et je me rends vite compte que le soucis dans la dernière montée n’était pas l’altitude, mais plutôt une petite crise d’hypoglycémie. J’avais simplement besoin de remettre du carburant dans la machine pour continuer à avancer ! Et ça me fait plaisir de le savoir, car je commenças doucement à stresser pour ce trek à haute altitude pendant 8 jours. On continue de profiter de la vue en attendant nos deux derniers coéquipiers puis une fois que toute l’équipe a terminé son déjeuner, on reprend le sentier en sens inverse pour retourner au van. La sortie fait 14 kilomètres pour environ 800D+, à ça rajouté les 4-5 heures de van et le sac de trek à boucler ce soir.. On est quand même sur une grosse journée, tout le monde va bien dormir ce soir ! Et on croise tous les doigts pour que les deux restés à l’hôtel aujourd’hui aillent mieux et puissent venir avec nous demain..

 

 

 

JOUR 3 – Laguna Mitucocha (4270 mètres)

C’est le jour J ! Le grand départ pour ce trek de Huayhuash, qui est au passage le tout premier de ma vie ! Mais avant d’enfiler les baskets aux pieds et le sac sur le dos, de longues heures de trajet en van nous attendent. Il nous faudra près de 7 heures dont un déjeuner au bord de la route avant d’arriver à destination et de commencer à fouler les terres de la Cordillère de Huayhuash. Les deux cuisiniers prévus sur le trek sont aussi avec nous dans le van, et on rencontre les trois muletiers en arrivant sur place. On leur donne notre « gros » sac, et on met le petit sur le dos. Seulement 45 minutes de marche sans réel dénivelé nous séparent du premier spot bivouac. Pendant qu’on commence à marcher, les muletiers chargent tout le matériel nécessaire à ces 8 jours en pleine nature (tentes, nourriture, bâches…). Il y a le double de mules que ce qu’on est d’humains. C’est quelque chose qui me rassure car le poids est réparti correctement entre elles (bien que de les voir juste avec quelque chose sur le dos me fait mal au coeur, amoureuse des animaux que je suis), et certaines ne portent rien du tout, j’imagine pour faire tourner les mules chaque jour de marche. On est le dernier groupe à arriver sur le spot bivouac, et quel spot ! On est au pied du géant haut de 6094 mètres, Jirishanca ! Les muletiers arrivent juste après nous, et on les aide à installer les tentes. Les cuisiniers s’empressent eux aussi de se mettre aux fourneaux, et on découvre la tente « commune » quelques minutes plus tard. On a la droit à une soupe de légumes en entrée, un plat, et un dessert. Tout était absolument délicieux ! On retourne ensuite chacun dans nos tentes pour se coucher tôt et se lever tôt, on va vivre au rythme du soleil les prochains jours. C’est avec un peu d’appréhension que je m’enroule dans mon sac de couchage, sans avoir osé demander à remplir ma bouillotte pour ce premier soir. J’espère arriver à m’endormir et ne pas avoir trop froid à cette altitude..

 

 

 

JOUR 4 – Lagune Caruhacocha (4138m) – 12 kilomètres et 700D+

Premier réveil autour de la Cordillère glaciaire de Huayhuash, et je n’ai même pas eu si froid que ça finalement ! Je me suis réveillée quelques fois pour me retourner dans mon duvet, mais je n’ai jamais mit très longtemps à me rendormir. C’est Carlos, notre guide, qui nous a réveillé à 6 heures en nous apportant un maté de coca devant notre tente pour le boire encore au chaud, tout en faisant nos sacs. On empacte de nouveau toutes nos affaires qui ne nous serviront pas pendant la journée dans notre gros sac, et celles du jours dans notre petit sac à dos (gourde, pull, barres de céréales, k-way…). Et pendant qu’on prenait notre petit-déjeuner délicieusement préparé par les cuisiniers dans la grande tente tous ensemble (salade de fruits, tartines, thé, café…), les muletiers ont rangé toutes les tentes et le matériel commun qu’ils commencent à installer sur les mules pour le trajet de la journée vers le prochain spot.

Après un petit brossage de dents rapide, on est parti ! C’est pour moi officiellement le départ du trek, la petite marche d’approche de 45 minutes d’hier je ne la compte pas. Il fait plutôt froid, et le brouillard est bien présent et nous enveloppe pendant la première heure. Carlos nous propose de faire une petite variante pour ceux qui le veulent, rajoutant un peu plus de kilomètres et de dénivelé à l’itinéraire principal. On est 7 à opté pour la variante, contre 1 qui préfère rester sur le sentier initial car l’latitude lui fait un peu tourner la tête. On sépare donc le groupe, nous 7 avec Carlos, et Laurent avec Daniel, l’aide-guide. Et lorsqu’on arrive au col de la fameuse variante, on n’est pas déçus ! On profite d’une vue à couper le souffle sur le glacier de Jirishanca, le sommet à 6000 mètres devant lequel on a dormi cette nuit. On se senti si petit ici ! Puis le sentier continue sur une crête complètement déserte au paysage lunaire, c’est sublime.

 

 

Après ça, Carlos nous propose une deuxième petite variante. Évidemment qu’on accepte ! Et étonnement, randonner à 4000 mètres n’est pas aussi compliqué que ce que je l’avais redouté. Oui le souffle est plus court, oui le coeur bat plus vite et oui chaque pas est un peu plus lourd que d’habitude, mais pas tant que ça non plus. Il faut dire que Carlos nous impose un rythme de marche si doux que l’itinéraire se fait tout seul ! Il nous laisse ensuite aller devant pour les plats et les descentes et profiter de notre allure. Et c’est comme ça, qu’au détour d’une colline en hauteur, qu’on découvre l’un des plus beaux panoramas que j’ai pu voir dans ma vie en randonnée jusqu’à présent. Pincez-moi je rêve ! Et pour sublimer encore plus cette carte postale, on remarque que les deux cuisiniers sont déjà sur place, à nous attendre. Ils nous tendent des assiettes déjà remplies avec plein de bonnes choses pour reprendre des forces face à ce spectacle incroyable. À ce moment précis, plus personne ne parle. Tout le monde contemple. Et à en voir les photos, j’espère que vous comprenez pourquoi même à travers l’écran !

 

 

Arrivée au camp

Après le déjeuner 5 étoiles auquel on a eu droit, il ne reste qu’à descendre cette raide colline, puis faire le tour du lac pour trouver notre campement du soir. Le ciel est un peu menaçant, mais ça rend les couleurs encore plus belles. On retrouve sur place Laurent et Daniel, les mules et muletiers, et nos tentes déjà montées ! Ils ont prit le chemin le plus court et le plus facile pour les mules, qui on les voit, sont déjà en train de brouter un peu plus loin. Il est tout juste 15 heures, on a donc le temps de s’installer à nouveau dans nos tentes, et de profiter de la vue sur le lac. Les plus courageux, comme notre guide Carlos, en profitent même pour se laver dans la rivière ! On a ensuite droit à une démonstration du caisson hyperbare qui fait parti du matériel que les muletiers transportent, au cas où l’un de nous irait vraiment mal à cause de l’altitude. D’ailleurs, Laurent nous dit qu’il plane encore un peu à l’heure actuelle, et les deux qui étaient déjà malades à Huaraz ne sont pas au meilleur de leur forme non plus. Un goûter nous attend ensuite dans la tente, puis le dîner à 18 heures, aussi bon et équilibré que la veille. Et moi qui suis végétarienne, j’ai toujours le droit quelque chose qui remplace la viande ou le poisson ! Cette fois, pour ceux qui ont des bouillottes, on ose demander de l’eau chaude à Daniel pour un petit confort supplémentaire pour la nuit. On se couche aussi tôt qu’hier, quand même bien fatigués de cette première journée complète en altitude.

 

 

 

JOUR 5 – Huayhuash (4350 mètres) – 13 kilomètres et 750D+

On se réveille tous avec une tente givrée ce matin, ce qui signifie que les températures sont passées sous la barre des 0 degrés cette nuit. Carlos nous dit que son thermomètre à enregistré -3 degrés en nous tendant notre tasse de maté chaud dans la tente. On profite du spectacle du soleil qui se lève sur les glaciers, juste en face nous. Et ce matin ce n’est pas une salade de fruits qui nous attend pour le petit-déjeuner, mais du pain perdu avec du dulce de lecche ! 

 

 

C’est reparti pour une nouvelle journée de marche ! Dès le départ et sous un ciel sans nuage, je ne sais plus où donner de la tête. Entre les lacs turquoises qui s’enchainent et les 6000 enneigés qui nous entourent.. J’ai clairement l’impression d’être au paradis des montagnes ! La montée jusqu’au col du jour dans les caillasses est un peu raide bien que le chemin soit tracé, mais tout le monde finit par arriver en haut, et on déjeune tous ensemble avec les cuisiniers. En attendant les derniers de l’équipe on a prit une averse sur la tête, mais le soleil est déjà revenu et sèche nos affaires. C’est fou à quel point la météo change en quelques minutes ici !

 

 

Camp du soir

On arrive au campement en milieu d’après-midi et encore une fois, il est déjà monté. C’est vraiment un petit confort d’arriver et que tout soit près, même le thé et le goûter ! A chaque fois il ne nous reste qu’à nous installer, nous reposer et profiter. Et comme il n’y a jamais de réseau, on profite d’une réelle déconnexion qui fait du bien en profitant de chaque instant, que ce soit seul ou avec le les personnes qui partagent cette expérience avec nous.. J’adore cette vie !

 

 

 

JOUR 6 – Cuyoc (4450m) – 12 kilomètres et 650D+

Au programme du jour ; notre tout premier col à 5000 mètres ! On commence à avoir l’habitude de faire et défaire nos sacs, nos affaires, les horaires du dîner, du petit-déjeuner.. On est bien réglés ! Et comme d’habitude, la journée commence en file indienne sur le sentier, derrière Carlos et son pas lent et agréable. On monte doucement en faisant le tour d’un sommet enneigé en nous rapprochant petit à petit de ce dernier, jusqu’à atteindre le col. Je ne pensais rien trouver « d’extraordinaire » derrière, mais la vue est une fois de plus magique ! Et ça, ça mérite bien de manger un petit chocolat ici. D’ailleurs si vous venez au Pérou, je vous conseille vraiment de manger les petits chocolat « Sublime » à la cacahuète, ou alors les « Princesse », ce sont les meilleurs ! Carlos propose une nouvelle petite « variante » pour les plus motivés : faire 150D+ pour nous rapprocher de la glace du glacier. Dès la première variante qu’il nous a proposé le premier jour, j’ai décidé que j’allais toutes les accepter coûte que coûte de toute façon ! On est 6 sur 8 à être partants, les deux « anciens » du groupe préfèrent nous attendre en profitant de la vue depuis le col. Pour monter plus haut il n’y a plus de sentier, c’est droit dans la pente et les caillasses ! Mais on atteint le sommet en seulement 10 minutes, et une fois de plus ça valait le coup. Quitte à être ici, autant explorer chacun recoin proposé de cette fabuleuse cordillère glaciaire !

On descend ensuite tous ensemble jusqu’au nouveau campement, en longeant encore et encore de nouveaux lacs. On presse un peu le pas sur la fin car la pluie nous a rattrapé, mais elle s’arrête pile quand on arrive à destination ! 

 

 

 

JOUR 7 – Huayllapa (3600m) – 18 kilomètres et 550D+

Aujourd’hui on passe notre deuxième et dernier col à 5000 mètres du trek ! Contrairement à hier, pas le temps de s’échauffer, la montée est tout de suite et bien raide ! Chacun part à son rythme, je me retrouve au milieu du groupe et j’essaie de ne pas trop me focaliser sur ma respiration haletante. On commence directement par faire les 550D+ jusqu’au col, et les derniers mètres sont les plus difficiles du trek jusqu’à présent je trouve. Rien d’insurmontable, mais on les sent passer ! Mais une fois au col, la récompense est complètement à la hauteur, une fois de plus. J’ai l’impression d’être dans une carte postale ! C’est magnifique ! On est littéralement face à la cordillère glaciaire de 6000 dont on fait le tour, avec en prime des lacs turquoises magnifiques à leurs pieds ! La descente de l’autre côté du col est encore plus raide que la montée, et le fait d’être dans un pierrier nous fait glisser à chaque pas. Mais il y a tellement de points de vue incroyables et différents à la fois.. C’est irréel.

Une fois toute l’équipe arrivée au complet en bas de la vallée on en profite pour déjeuner, toujours bien entourés par les cuisiniers. Et leurs plats sont toujours aussi bons, que ce soit matin, midi, ou soir. Vraiment, on se régale ! Les garçons optent ensuite pour une sieste dans l’herbe, tandis que nous, les filles, on préfère se remettre en route. Le dénivelé est terminé pour aujourd’hui, mais il nous reste encore au moins 10 kilomètres à marcher pour rejoindre notre étape du jour, au village de Huayllapa. Car oui, ce soir on a le droit à un petit break après 4 nuits en tente, on dort dans un petit lit ! Et aussi de se laver, car qui dit 4 nuits en tente dit 5 jours de trek sans douches. Carlos nous laisse partir devant comme il n’y a qu’un seul sentier qui longe la rivière et qui mène au village, mais on sera vite rattrapée par les cuisiniers avec qui on fera le reste de la route qui ont un cardio d’enfer ! La petite auberge qui nous accueille nous propose des chambres de 2 avec une douche commune et quelques prises : parfait pour recharger les téléphones et continuer à prendre des photos les prochains jours ! Les lits simples sont les seuls aménagements de la chambres, et clairement ça suffira. C’est déjà du grand luxe de pouvoir couper et dormir là ! Comme d’habitude, on rejoint notre équipe un peu plus haut dans le village pour le dîner, eux aussi ça doit leur faire du bien de ne pas devoir installer et ranger les tentes le temps d’une nuit..

 

 

 

JOUR 8 – Cashpapampa (4500m) – 12 kilomètres et 1250D+

Je me réveille en pleine forme ce matin, complètement requinquée et sans un seul réveil nocturne ! Mais ce n’est pas le cas de tout le monde, 2 voir même 3 personnes du groupe ne sont pas en très grande forme, avec un mal de ventre qui les tiraille. Pourtant il va falloir serrer les dents, car c’est 1200D+ de dénivelé qui nous attendent aujourd’hui. Le sentier commence à grimper le long des gorges près d’une rivière, c’est très agréable et loin d’être monotone. On se retrouve tous sur un premier plateau pour faire une pause, et ça ne va pas mieux pour les malades du jour. On repart ensuite tous ensemble tranquillement jusqu’au premier faux col, puis on s’arrête déjeuner près d’un lac, juste avant le vrai (col). Carlos ramasse des petites billes dans le lac qu’il mange devant nous, mais nous déconseille de faire pareil comme nos organismes ne sont pas habitués et qu’il y a déjà des malades. Je n’ai pas beaucoup de photos de cette journée car c’est celle que j’ai trouvé la moins « waouh » de toutes et que j’avais un peu la tête dans le guidon ou les baskets pour manger ces 1250D+ à cette altitude. Mais l’arrivée au campement se passe aussi bien que les derniers jours, on ne réflechit plus à ce qui nous attend, c’est devenu une habitude cette petite vie entre 4000 et 5000 mètres. Et qu’est-ce que j’aime cette petite habitude !

 

 

 

JOUR 9 – Laguna Jahuacocha (4050) – 11 kilomètres et 550D+

Avant dernier jour près des glaciers et pour la deuxième fois du trek on se réveille sous une tente givrée, ce qui signifie de nouvelles températures négatives pendant la nuit. Mais il n’y a pas un seul nuage dans le ciel,  et on a des pancakes ce matin au petit-déjeuner ! Comment voulez-vous que l’on se lasse de ce trek, aussi bien traités et dans un panorama pareil ? C’est impossible ! C’est une petite journée en thermes de chiffres qui nous attend, puisque Carlos nous annonce 10 kilomètres et 450D+. Le plus difficile est clairement derrière nous ! Les deux malades d’hier vont mieux, et même Laurent qui planait encore ces derniers jours se sent enfin en meilleure forme (il était temps) ! C’est la dernière fois que l’on fait du dénivelé ici, je profite de chaque seconde pour observer ce qui m’entoure, de réaliser à quel point je suis chanceuse d’être ici et en pleine forme. Et déjà nous voilà au col. Au dernier du trek. La dernière fois à 4850 mètres. Malgré l’effort, j’ai un peu le coeur qui se serre, de réaliser que demain tout ça sera fini. Mais Carlos profite de ce moment au « sommet » pour nous proposer une dernière chose, une dernière variante. Je pensais que tout le monde allait dire oui, mais on est seulement 5 à être partants. Les 3 autres sont trop fatigués et préfèrent prendre le sentier un peu plus facile et moins escarpé qui descend jusqu’au dernier campement. On sépare de nouveau le groupe en deux, et les plus motivés partent avec Carlos en direction d’une dernière crête à fouler. Et encore une fois.. Quelle crête ! On fait face pour la dernière fois à la cordillère glaciaire de Huayhuash, toujours aussi belle et impressionnante, blanche et figée dans un ciel bleu. On prend le temps, au sommet, de tous s’asseoir et contempler cette beauté qui trône devant nos yeux. Personne ne parle pendant quelques minutes, je pense qu’on retrace tous ce trek incroyable que l’on vient de réaliser, et qui touche déjà malheureusement à sa fin. On descend ensuite jusqu’au dernier camp du séjour, installé près du lac et au pied fu fameux Jirishanca ; le premier 6000 face auquel on avait dormi le premier jour (mais de l’autre côté). La boucle du tour de la Cordillère de Huayhuash est presque bouclée ! Pas de pique-nique sur le chemin aujourd’hui, comme la randonnée était un peu plus courte que les autres jours, ils nous ont préparé une sublime table au coeur du campement, en plein soleil et face à tous ces glaciers et hauts sommets qui nous entourent. Cette dernière journée à une saveur particulière et difficile à décrire. Je suis à la fois profondément heureuse et reconnaissante d’être ici à ce moment précis, et le coeur serré de devoir dire au revoir à cette aventure hors du temps et au dessus des 4000 mètres d’altitude pendant plus de 8 jours.. C’est une dernière après-midi de calme, de repos, de baignade et de soleil au programme, puis un dernier dîner tous ensemble sous la tente commune et une dernière nuit bien emmitouflés dans nos sacs de couchages..

 

 

 

JOUR 10 – Pucasaca (3700 mètres) – 6 kilomètres et 50D+

C’est officiel, c’est la dernière fois que Carlos entre-ouvre la porte de notre tente pour nous tendre un maté de coca brûlant à 6 heures du matin. C’est aussi la dernière fois qu’on range nos affaires dans nos sacs, la dernière fois qu’on mange du pain perdu tout chaud et la dernière fois qu’on suit Carlos à la queue-leu-leu sur les sentiers. Chaque pas que l’on fait nous éloigne un peu plus de la cordillère de Huayhuash. Les sommets deviennent de plus en plus petits, jusqu’à ne plus les voir. Un van nous attend sur une route en gravier, c’est ici que les adieux se font. On remercie mille fois les muletiers avec un câlin et on donne nos dernières caresses aux mules, les cuisiniers et les guides repartent avec nous à Huayhuash tandis qu’eux rentrent à leur village. On en profite pour donner une petite enveloppe de pourboires à chacun, pour les remercier de leur gentillesse sans fin, leurs conseils, leurs plats délicieux et leur bonne humeur quotidienne. Puis on monte tous dans le van ; direction Huaraz !

Comme on termine le trek dans un autre lieu que le départ, le trajet est moins long. On déjeune quand même sur le bord de la route avec Carlos, Daniel et les cuisiniers, pour arriver en ville en début d’après-midi. On retrouve tous nos chambres respectives à l’hôtel Cordillera, à Huaraz. Et retrouver le confort et une douche bien chaude après 8 jours, ça console quand même un peu le fait d’avoir quitté la cordillère de Huayhuash ! Puis ce n’est pas encore terminé, car ce soir on a prévu d’inviter Carlos et Daniel au restaurant pour clôturer cette jolie expérience avec eux. On dîne donc dans le restaurant Manka Fusion qui propose une cuisine italienne, et les deux doyens du groupe Antoine et Laurent nous font la surprise de tous nous inviter après ce joli moment passé tous ensemble. 

 

 

JOUR 11 – Transfert Huaraz – Lima

Cette fois c’est la bonne, après avoir fait une razzia des délicieux empanadas au fromage de chez Marcelino’s, Carlos nous dépose à la gare routière de Huaraz : direction Lima pour toute l’équipe ! On va tous dormir de nouveau à la capitale et demain, la plupart repartent en France, d’autres continuent leur voyage au Pérou avec Allibert Trekking via une extension de voyage et d’autres, dont mon amie et moi, continuons notre aventure au Pérou de notre côté.. Direction Cuzco, l’Amazonie et le lac Titicaca pour nous ! Les au revoirs sont un peu tristes, mais on reste tous en contact grâce à notre groupe WhatsApp, je ne garde que des bons souvenirs de ce trek et de ces moments partagés tous ensemble !

 

 

Clap de fin pour cet article détaillé sur l’une des plus belles expériences de ma vie et l’un des plus beaux treks du monde. Se dépasser tous les jours en marchant à 4500-5000 mètres, dormir en tente tous les soirs avec parfois des températures négatives, côtoyer de plus ou moins loin les plus beaux 6000 du pays.. Et à la fois avoir eu le confort d’avoir des cuisiniers qui nous ont fait extrêmement bien mangé, des muletiers qui nous ont aidé à porté le camp d’un spot à un autre et un guide exceptionnel. Si vous voulez revoir ma petite escapade avec plus de photos et vidéos, ou suivre mes aventures en direct, rendez-vous sur Instagram ! Et si cet article vous a plu ou que vous prévoyez vous aussi de voyager en Amérique du Sud, ces articles devraient vous plaire :

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