Calakmul, la cité perdue – Mexique

mai 21, 2019

 

Après quelques jours à Tulum puis à Bacalar, il faut dire au revoir à la mer des Caraïbes. On s’éloigne de la côte Est pour entrer dans les terres, et passer de la région du Quintana Roo à celui de Campeche. Pour visiter le lendemain matin le site archéologique maya de Calakmul, on a trouvé un petit hôtel à Xpujil, ville située à environ 45 minutes de l’embranchement pour les ruines. J’ai été assez étonnée de ne pas trouver d’hôtels plus près, hormis de gros resort. Mais au final cette petite chambre à l’hôtel Chaac était idéale avec un lit et une douche, pas besoin de plus vu l’heure à laquelle on est arrivés et celle à laquelle on va repartir.. Le soir, on a mangé au restaurant familiale de l’hôtel pour à peine quelque pesos. C’était le repas le moins cher du séjour je crois !

 

Calakmul

En plus d’être une réserve de la biosphère, le site de Calakmul est inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Il s’agit d’une des plus anciennes et des plus puissantes cités mayas du Mexique, qui rivalisait avec celles du Guatemala. Cette réserve fait partie des plus sauvages et des plus protégées du pays, qui tient à conserver cette biodiversité naturelle et importante. Des chercheurs y ont référencé plus 350 espèces d’oiseaux, et 200 espèces d’animaux, dont le jaguar qui y vit en totale liberté, à l’état sauvage. C’est un site archéologique encore peu connu au Mexique, ce qui rend son exploration au milieu de nul part magique. On peut découvrir les ruines de Calakmul en se promenant entre les nombreux édifices, mais aussi en grimpant jusqu’au sommet ! Ce qui n’est pas possible sur la plupart des autres sites (notamment Chichen Itza et Uxmal), où l’on se contente de lever la tête face aux pyramides.

D’après les recherches effectuées sur le site archéologique, les spécialistes estiment que la cité était faite de plus de 6700 structures, et habitée par environ 50 000 personnes pendant 1500 ans. La cité était complètement indépendante, dirigée par un seul roi jusqu’à renouvellement du titre. Sa puissance était telle, qu’elle pouvait contrôler des localités jusqu’à 150 km² du site. Le peuple de Calakmul construisait des pyramides très hautes, dans le but de se rapprocher des divinités. On y trouve donc très peu de fresques, écritures ou dessins, contrairement à Uxmal ou Chichen Itza, où tout était minutieux et précis.

 

 

La cité perdue ?

Sans que l’on sache réellement pourquoi, la cité de Calakmul s’est retrouvée complètement engloutit par la jungle et la végétation. Chaque structure, chaque monument et chaque maison se sont retrouvés comme incognito sous les feuilles et les racines pendant de nombreuses années. C’est seulement en 1931, que le biologiste Cyrus Longworth redécouvre les ruines après une exploration aérienne, en apercevant le sommet des 2 plus grandes pyramides près de la frontière avec le Guatemala. Des fouilles commencent ensuite, pour trouver le reste de la cité et retirer la végétation des structures. Les restaurations et l’entretient régulier du site datent d’il y a seulement quelques années, puisqu’elles ont commencé autour des années 80. C’est donc pour ça que le site est encore très peu connu et vide de touristes, il faut dire aussi que se rendre sur place, au milieu de la biosphère et de la jungle n’est pas des plus facile, il faudra s’armer de patience.

 

 

 

Se rendre à Calakmul, plus qu’une simple sortie

Comme je le disais, le site archéologique de Calakmul est encore peu connu des touristes, et son accès beaucoup plus long que pour les sites tels de Cobà, Uxmal ou Chichen Itza. Ici, pas de panneau depuis plusieurs kilomètres pour vous indiquer la bonne direction, ce qui rend la sortie beaucoup plus authentique ! Mais rassurez-vous, l’entrée est très facile à trouver, puisqu’elle se trouve le long de la route 186, environ 45 minutes après la petite ville de Xpujil. N’importe quel GPS trouve automatiquement le point, tout comme Google Map ou le plan Iphone. Mais une fois au premier « péage », le plus long reste à faire. Il vous restera environ 40 kilomètres à parcourir pour atteindre le site archéologique, sur une route en terre plus ou moins en bon état à partir du deuxième « péage ». Comptez environ 1h30 de la première bifurcation jusqu’aux ruines, car la route est limitée à 30 km/h.

Les bus ne vous déposeront pas plus loin que la première entrée sur la route principale, il vaut donc mieux avoir son propre véhicule ou faire parti d’une sortie organisée qui vous emmènera en minibus.

 

 

Mon éxpérience à Calakmul

Départ aux aurores de la petite ville de Xpujil, située à une cinquantaine de kilomètres de la première bifurcation. Un premier droit d’entrée nous ai réclamé, de 50 pesos par personne (2,50€). Puis c’est parti, nous voilà sur la route du site archéologique de Calakmul, en train de nous enfoncer dans la biosphère et nous rapprochant de la frontière avec le Guatemala. D’ici, il nous reste encore les 40 plus longs kilomètres à parcourir, au milieu de la jungle. La route est goudronnée et plutôt en bon état jusqu’au deuxième péage, situé à droite avant le musée des ruines. Ici, on nous demande à nouveau de payer un droit de passage, s’élevant à 75 pesos par personne (3,80€).

Certains racontent avoir pu observer un jaguar se promener sur le chemin menant aux ruines, une chose rare mais qui est arrivée plusieurs fois ! Et comme chaque personne qui se rend à Calakmul, on espérait en apercevoir un en arrivant les premiers sur le site et avant que le jour ne se lève complètement, car c’est un animal nocturne. Mais même en arrivant les premiers sur cette route à 7 heures, aucune trace de jaguar. On s’en doutait un peu, mais il y a une petite part de déception en moi malgré tout.. En revanche, on a croisé le chemin d’autres animaux comme des écureuils, des renards, beaucoup d’oiseaux, une vingtaine de dindons sauvages (qui n’ont pas l’air si sauvage que ça). Tout est silencieux dans la jungle. Il faut tendre l’oreille pour entendre le chant des oiseaux et bien ouvrir ses yeux pour ne pas manquer le mouvement furtif d’un animal. Mais attention à la route ! En plus d’être en terre, elle est en très mauvais état avec de gros cailloux et d’innombrables nids de poules pas toujours voyants !

 

 

Après 2h30 de route au total, on arrive à l’entrée du site archéologique. On prévoyait d’arriver à 8 heures sur place, heure d’ouverture, mais on a presque un quart d’heure de retard. Un homme nous accueil et nous demande 100 pesos (5€) chacun pour l’entrée du site. L’exploration peut commencer ! Un plan des ruines nous propose 3 chemins différents à suivre ; un long, un médium et un court. Pour tout vous avouer je n’y ai pas compris grand chose.. Je n’ai même pas réussit à nous situer sur la carte ! On part donc un peu à l’aveugle en prenant une fois à droite puis une fois à gauche.. Un peu au feeling comme vous pouvez le voir.

Avant de tomber face à notre première structure, on entend des branches craqueler au dessus de nous. Probablement le vent, il fait un peu gris aujourd’hui.. Et l’air qui circule n’est pas pour nous déplaire sachant le nombre de marches que nos jambes vont devoir grimper dans quelques minutes. Mais le bruit continu en même temps que nos pas, et en levant la tête, on distingue de tout petits singes intrigués par notre présence. Ils nous suivaient sans bruit, se balançant de branches en branches. Encore une belle rencontre avec la vie sauvage de la biosphère, même si elle ne vaut pas celle du jaguar.. Haha.

La visite continue, et on arrive enfin à notre première structure, qu’on s’empresse de gravir. Puis une autre, et encore une autre. Les ruines se succèdent, mais on ne trouve pas celles qu’on veut voir ; la structure I et II. En plus d’être les deux plus grandes pyramides du site, elles font parti des plus hautes pyramides du monde Maya (40 et 50 mètres de haut). Le site archéologique ressemblent à un labyrinthe en pleine nature, avec des sentiers qui se divisent dans tous les sens. Après de (très) longues minutes de marche.. Ça y est. On y est, on a trouvé la structure I au détour d’un chemin. Haute de 40 mètres, c’est la 2 deuxième plus grande pyramide du site. Vu du bas, le sommet paraît si loin et l’ascension si longue.. Les marches ne sont pas régulières, et il faut bien regarder où vous mettez les pieds, surtout à la descente ! Finalement le sommet se rapproche beaucoup plus vite que je ne l’aurais cru, et en moins de quelques minutes nous voilà arrivés en haut. On découvre une vue magnifique, sans route ou trace de l’homme. Puis soudain, on l’aperçoit, la structure II ! Elle paraît encore enfouit sous la végétation d’ici. Le paysage est si beau qu’on dirait un décor de film, ça ressemble au Livre de la jungle !

 

 

Une fois redescendus avec précaution de la structure I, on fonce directement à la structure  II. La voilà, la plus grande pyramide du site de Calakmul, haute de plus de 45 mètres. Je vous conseille vraiment de monter au sommet pour admirer la vue, il y a un dernier palier caché au sommet ! Pour y accéder, il suffit de contourner le haut de la structure par un des côtés une fois en haut. Vous n’aurez pas souvent l’occasion de pouvoir escalader une des plus hautes pyramides de toute l’ère Maya.

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Mon ressenti

Comment ne pas tomber sous le charme de cette cité maya enfouit au milieu de la jungle et loin du tourisme de masse ? En arrivant les premiers sur place à l’ouverture du site, et jusqu’à l’heure de notre départ, on a dû croisé seulement une vingtaine de touristes sur l’ensemble de la matinée. Je vous conseille d’être un minimum en forme pour enchaîner l’ascension (et la descente) des différents édifices et pyramides, même si j’ai croisé plusieurs personnes qui avaient l’âge de la retraite et qui s’en sortaient très bien. Et ce qui est bien ici (contrairement au site de Cobà), c’est qu’en bas de chaque structure se trouve un tableau écrit en espagnol et en anglais qui permettent de comprendre un peu mieux les rôles qu’avaient les différents édifices. Si vous ne voulez pas faire le tour entier du site, je vous recommande de monter au sommet des structures I, II, III et VIII, ce sont celles qui ont les plus belles vues !

Pour découvrir le site archéologique de Calakmul sans se presser, il faut y consacrer une journée entière. Non pas uniquement pour la visite des ruines, mais en comptant le temps de route pour accéder au site, et à son chemin de retour. Mais d’après moi ça vaut clairement la peine ! On a tellement aimé cette journée au cœur d’une ancienne civilisation qu’à peine arrivés à notre hôtel le soir même, on a voulu en savoir plus. Et c’est grâce au célèbre duo de Fred et Jamy sur « C’est pas Sorcier » qu’on a trouvé notre bonheur, en regardant leur épisode sur les sites mayas et plus précisément celui de Calakmul ! Bon, à l’inverse de nous, je vous conseille de regarder la vidéo avant d’aller sur le site. Ça prendra plus de sens !

A ne pas oublier : prévoyez de l’eau et quelque chose à grignoter en venant visiter les ruines, car vous ne trouverez rien à acheter sur place. De bonnes chaussures pour monter et descendre les pyramides sont aussi à prévoir ! En revanche, il y a des toilettes sur place, juste à l’entrée du site.

 

 

Prix

Premier péage : 50 pesos par personne (2,50€)

Deuxième péage : 75 pesos par personne (3,80€)

Entrée officielle du site : 100 pesos par personne (5€)

Total : 200 pesos par personne (11,30€)

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J’espère que cet article vous aidera à organiser votre sortie à Calakmul ! Si vous cherchez d’autres articles sur le Mexique et la région du Yucatan, voici ceux dispos sur le blog :

 

Et pour les autres, comme d’habitude on se retrouve sur instagram pour plus de photos ! 🙂

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